DEODAT DE SEVERAC

Issu d’une famille de la noblesse, fils du peintre Gilbert de Séverac, Déodat de Séverac fait ses études à Toulouse, puis à la Schola Cantorum de Paris, où il devient l’élève de Vincent d’Indy et d’Albéric Magnard. Il y prend des leçons d’orgue avec Alexandre Guilmant et devient l’assistant d’Isaac Albéniz. Très attaché à ses origines, il se fixe dans le Languedoc, région qui attire par la suite un certain nombre d’artistes tels que Manolo Hugué, qu’il avait rencontré à Paris.
En 1900, il écrit des poèmes symphoniques sur les saisons. Il met en mélodies des poésies de Baudelaire et de Verlaine ainsi que des vers occitans et compose sa musique chorale avec des arrangements de textes en catalan. Il écrit deux opéras, Le Cœur du moulin, créé à l’Opéra-Comique de Paris le 8 décembre 1909, et Héliogabale, créé aux Arènes de Béziers en 1910 avec l’introduction de la cobla catalane, groupe d’instruments jouant les primes et les tenores (instruments en bois apparentés au flageolet). Sa musique pour piano, au style très personnel, est souvent imagée et colorée, comme dans le Chant de la Terre, qui décrit une idylle rustique, ou les morceaux En Languedoc et Baigneuses au soleil. La suite Cerdaña, son chef-d’œuvre, illustre son amour pour le terroir méridional.
Déodat de Séverac fut le chantre d’une musique régionale et soutint, en 1907, une thèse sur La Centralisation et les petites chapelles. Claude Debussy dira que « sa musique sent bon ».